La réforme de la première année de médecine s’inscrit directement dans le projet de loi « Ma santé 2022 », présenté par le président de la République et par la ministre des Solidarités et de la Santé comme « une transformation en profondeur de notre système de santé« . L’organisme Stan Santé Formasup vous aide à comprendre cette réforme.

Notre prochaine JPO

Notre prochaine se fera le :
Samedi 18 Janvier 2020 de 10h00 à 16h00.
Attention cette journée Portes Ouvertes ne concerne uniquement que les étudiants en Premières.
Pour les terminales, la Journée Portes ouvertes est prévue le 1er février de 10h à 16h au 5 Allée de Vincennes Vandœuvre-lès-Nancy

Concours de médecine : la fin du numerus clausus

L’expression « numerus clausus » signifie « nombre fermé » en latin. Elle désigne la limite fixée chaque année du nombre d’étudiants admis en 2ème année des études de santé. Défini par décret, le numerus clausus en France fait l’objet d’une réglementation précise. Ce chiffre a pour objet de réguler le nombre de diplômes (de médecine, d’odontologie, de pharmacie et de maïeutique) et donc, de réguler le nombre de professionnels de santé exerçant ces métiers. Il a aussi pour vocation de limiter le nombre d’étudiants et, par là-même, d’assurer une sélection pour ces métiers.

 

Le numerus clausus de médecine : une pratique vieille d’un demi-siècle

Le numerus clausus a été mis en place en France au début des années 1970. L’État cherche alors à apporter une réponse face à la recrudescence des vocations médicales et pharmaceutiques. Mais en presque 50 années d’existence, le numerus clausus aura été sous le feu des critiques. En 2018 par exemple, sur les 60 000 candidats inscrits en PACES (Première Année Commune aux Études de Santé), à peine 23 % ont été autorisés à poursuivre leurs études médicales.

 

Le numerus clausus, première victime de la réforme des études de santé 2020

L’un des pans majeurs de la réforme de la première année de médecine de 2020 est donc la suppression du numerus clausus… au profit d’un autre mode de contrôle. Le principe ? À partir de la rentrée 2020, ce n’est plus l’État qui dicte le nombre d’étudiants autorisés à passer en 2ème année ; ce privilège est délégué aux universités. Concrètement, chaque faculté va déterminer le nombre de places qu’elle ouvrira en 2ème année, en basant ses chiffres sur les besoins locaux en médecins, en pharmaciens, en chirurgiens-dentistes, etc.

 

Ce qu’il faut retenir ? Même si le numerus clausus disparait techniquement, la sélectivité extrême de ce parcours demeure.

Une « filière PASS » pour remplacer la PACES

L’expression couramment employée depuis 2018 de « réforme de la PACES » en cache une autre : celle de suppression de la PACES. En effet, la Première Année Commune aux Études de Santé disparait dès la rentrée 2020… du moins, dans sa forme actuelle. Elle est remplacée par une nouvelle première année appelée « PASS« .

 

La filière PASS, la voie majoritaire pour accéder aux études de santé MMOP

Un temps appelée « Portail Santé« , cette nouvelle première année baptisée « PASS » reste la voie majoritaire pour accéder aux études de santé dites MMOP, initiales de :

  • Médecine
  • Maïeutique (pour exercer le métier de sage-femme)
  • Odontologie (pour exercer le métier de chirurgien-dentiste)
  • Pharmacie

En effet, la filière PASS concentrera plus de places disponibles que les autres voies d’accès (décrites ci-après) à la 2ème année.

 

Comment passer en 2ème année de médecine après la filière PASS ?

L’inscription en filière PASS sera ouverte sur Parcoursup aux titulaires du baccalauréat. Cette année pourra être suivie dans l’une des universités françaises comprenant une faculté de santé. Le bachelier choisissant ce parcours devra également choisir une option correspondant à ses points forts et à ses autres projets éventuels : droit, langues, histoire, etc.

 

À l’issue de cette année, qui exigera une très importante masse de travail personnel, les étudiant·es pourront candidater en 2ème année de la filière de leur choix à condition d’avoir validé 60 ECTS (les crédits européens). Si un·e étudiant·e remplit cette condition, il ou elle pourra se soumettre aux épreuves d’admission organisées par son université. Celles-ci prendront la forme d’une épreuve écrite ainsi, selon les facultés, qu’une épreuve orale.

 

Que se passe-t-il après la première année PASS ?

Une fois la première année PASS achevée, les étudiant·es auront, selon leurs résultats et leurs aspirations, plusieurs alternatives.

 

Si l’étudiant·e valide sa première année, il ou elle candidate aux études de santé (maïeutique, médecine, odontologie ou pharmacie). Dès lors :

  • soit il ou elle est admise en deuxième année dans la filière qui l’intéresse
  • soit il ou elle poursuit en deuxième année de Licence et, s’il ou elle le souhaite, il ou elle candidate à nouveau aux études de santé après au moins une année supplémentaire

Si, en revanche, l’étudiant·e ne valide pas sa première année en PASS, il ou elle ne pourra pas candidater aux études de santé et devra se réorienter via Parcoursup. Il sera impossible de redoubler l’année PASS.

 

Ce qu’il faut retenir : même si la PACES disparait techniquement et, avec elle, ses redoutés concours, la filière PASS partage de très nombreux points communs avec celle-ci. Parmi ceux-là figurent la grande sélectivité à laquelle sont soumis·es les candidat·es.

La Licence avec une option « accès santé » ou « L. AS » : l’autre voie d’accès aux études de médecine

Si la filière PASS s’apprête à offrir la majorité des places en 2ème année des filières MMOP, par quel biais seront offertes les places restantes à l’issue de la réforme PACES ? La réponse, c’est la « L. AS« , initiales de « Licence avec Accès Santé« .

 

Une Licence qui comporte une partie de matières médicales seulement

Le concept de la L. AS (un temps appelée « mineure santé » aux premières heures de la réforme) est le suivant : le titulaire d’un baccalauréat ambitionnant une carrière de médecin, de pharmacien, de dentiste ou de maïeuticien peut ne pas s’inscrire en PASS mais dans une autre Licence 1. Cette Licence 1 devra toutefois inclure des matières liées aux études médicales : c’est là l’option « accès santé« . Cette voie a été pensée pour diversifier les profils des futurs professionnels de la santé. Mais attention : toutes les Licences ne seront pas éligibles. Licences de droit, de chimie ou encore de mathématiques ; chaque université proposera ses filières éligibles.

 

Comment passer en 2ème année de médecine après une L. AS ?

À l’issue de cette année, qui exigera elle aussi une importante masse de travail personnel, les étudiant·es pourront postuler vers la filière MMOP qui les intéresse à condition d’avoir validé 60 ECTS. Des examens complémentaires, pouvant comprendre des épreuves orales, seront alors organisées par l’université visée.

 

Ce qu’il faut retenir : la Licence avec Accès Santé s’adresse aux bacheliers qui émettent encore des doutes quant à leur volonté de s’engager dans des études médicales. Il s’agit là aussi d’une filière exigeante, puisque l’étude des matières médicales sera couplée à celle d’autres matières liées, elles, au droit, aux mathématiques, etc.

Réforme de la première année de médecine : des études qui restent sélectives

Comme le stipule le dossier officiel mis en ligne en novembre 2019 par les ministères concernés, « les études de santé restent sélectives« . Dès la rentrée 2020, les candidatures sont évaluées sur :

  • « Les notes obtenues au cours du parcours de formation qui sont pertinentes pour apprécier les compétences nécessaires pour réussir les études de santé« 
  • « Des épreuves complémentaires, orales ou écrites, qui permettent d’apprécier d’autres compétences également utiles« 

Est également précisé que « les modalités des épreuves seront précisées par chaque université« .

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